Pour que le Peuple de l’Est de la RDC arrive à créditer ses réponses socio-politiques à la plupart de ses défis et à développer ses capacités de soutien local, les menaces constantes et récurrentes sont de plusieurs ordres :
- Mauvaises réponses des dirigeants apportées aux bonnes questions posées par divers défis importants pour la survie de la Nation congolaise
Depuis le 6 mai 2021, les Provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri sont passées sous administration militaire. «L'état de siège est un régime spécial de légalité. Les autorités civiles sont remplacées par les autorités militaires. Dans cette situation, l'armée assure la sécurité des citoyens à la place de la police. Les libertés publiques sont également réduites dans ce régime. Les autorités militaires peuvent dans ce cas perquisitionner les domiciles jour et nuit, interdire les réunions qui peuvent être considérées comme atteinte à l'ordre public. Sous le régime de l'état de siège, les autorités militaires peuvent également interdire la circulation des personnes. Il permet également une extension de la compétence des tribunaux militaires qui peuvent connaître des infractions commises par des civils. »[3]
Malheureusement, que peut-il arriver si un aveugle conduit un mal voyant ? A la tête de l’état de siège, le Président de la République a nommé des hommes formés au métier des armes mais qui avouent eux-mêmes ne pas trop savoir comment s’occuper de l’administration publique. Ils conduisent une Province du Nord-Kivu en proie à la pandémie du Covid-19 juste après celle d’Ebola, sauf que cette fois-ci personne ne voit des hôpitaux bondés ni des morts par milliers. Et puis, sans test antigénique, difficile de connaitre le taux de contamination. Les militaires dirigeants n’en savent pas plus que les civils. La maladie se gère elle-même. Les mesures préconisées sont celles entendues à partir des télévisions occidentales. De ce fait, personne n’en est convaincu. « Restez chez vous ». Pour vivre comment ? Avec quoi ? Le pire se révèle avec la catastrophe de l’éruption volcanique du Nyiragongo à Goma. En pleine nuit et sous la pluie, c’est le bouche à oreille qui réveille les habitants dans la nuit du 22 au 23 mai 2021. Ceux qui sont connectés sur les réseaux sociaux diffusent des images d’une coulée de lave vers Goma. Les militaires n’ont jamais vu un volcan en activité contrairement à la génération actuelle qui vient de vivre les éruptions de 1977 et 2002. Ils se contentent de lire les messages venant des services dits spécialisés. Celui de la protection civile demande l’évacuation immédiate et sans délai de 10 quartiers sur les 18 qui forment la ville de Goma, soit près de 500.000 habitants. Pour aller où ? Loin du volcan, dit-on. L’observatoire volcanologique de Goma, dont l’aide de la Banque Mondiale a été coupée pour malversations, dit aux jeunes d’entasser des pierres pour barrer la route à la lave qui coule à une vitesse de 1Km/heure. En fin de compte, les parents doivent trouver eux-mêmes des réponses aux situations posées à leurs ménages par la catastrophe. Dans la panique, la tête des autorités est ailleurs. Ils sont dépassés par le système où ils sont tombés et qui écarte les voies de recours des citoyens. En effet, pour ne citer que cet exemple, si le niveau de conflictualité et de violence a augmenté dans la Province, l’une des explications c’est l’arrêt du fonctionnement des tribunaux civils et des espaces sociaux et professionnels d’arbitrage des conflits alors que le nombre de tribunaux militaires est pratiquement insignifiant pour s’occuper de tous les litiges en cours. Les parties en conflit se rendent justice.
Pendant ce temps, dans son quotidien, le peuple de l’Est de la RDC voit les militaires se comporter sans limites et impunément. A Kasindi, à la frontière avec l’Ouganda, un officier s’est permis d’enregistrer des centaines de jeunes, contre 5$us chacun, en leur promettant du travail dans le projet de construction des routes conclu entre la RDC et l’Ouganda. Plus au sud, à Bunagana, un autre officier s’est saisi lui-même d’un jeune homme qui a tardé à lui fournir les images du deuil de sa fille. Il a fini par le transférer à l’auditorat militaire.
Quand il s’agit de privatiser le monopole de violence reconnu à l’Etat, on voit des actions énergiques, mais devant la pandémie à virus ebola et covid ou l’éruption volcanique, civils et militaires sont sur le même pied d’égalité. Ils se regardent et personne ne conduit l’autre alors que des espaces de concertation étaient opérationnels avant cela. En effet, depuis une vingtaine d’années, le prix du carburant se fixe dans des discussions entre les opérateurs économiques et les services taxateurs. Celui du transport en commun vient d’une négociation entre la Mairie et le syndicat des transporteurs. Les autorités militaires à la tête des collectivités publiques l’ont appris à leur dépens lorsqu’elles ont essayé d’imposer une taxe aux taxis et à la numérotation des parcelles en ville, sans préciser la contrepartie. Une grève sèche, contre laquelle elles n’ont su que faire, les a fait reculer.
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Malheureusement, que peut-il arriver si un aveugle conduit un mal voyant ? A la tête de l’état de siège, le Président de la République a nommé des hommes formés au métier des armes mais qui avouent eux-mêmes ne pas trop savoir comment s’occuper de l’administration publique. Ils conduisent une Province du Nord-Kivu en proie à la pandémie du Covid-19 juste après celle d’Ebola, sauf que cette fois-ci personne ne voit des hôpitaux bondés ni des morts par milliers. Et puis, sans test antigénique, difficile de connaitre le taux de contamination. Les militaires dirigeants n’en savent pas plus que les civils. La maladie se gère elle-même. Les mesures préconisées sont celles entendues à partir des télévisions occidentales. De ce fait, personne n’en est convaincu. « Restez chez vous ». Pour vivre comment ? Avec quoi ? Le pire se révèle avec la catastrophe de l’éruption volcanique du Nyiragongo à Goma. En pleine nuit et sous la pluie, c’est le bouche à oreille qui réveille les habitants dans la nuit du 22 au 23 mai 2021. Ceux qui sont connectés sur les réseaux sociaux diffusent des images d’une coulée de lave vers Goma. Les militaires n’ont jamais vu un volcan en activité contrairement à la génération actuelle qui vient de vivre les éruptions de 1977 et 2002. Ils se contentent de lire les messages venant des services dits spécialisés. Celui de la protection civile demande l’évacuation immédiate et sans délai de 10 quartiers sur les 18 qui forment la ville de Goma, soit près de 500.000 habitants. Pour aller où ? Loin du volcan, dit-on. L’observatoire volcanologique de Goma, dont l’aide de la Banque Mondiale a été coupée pour malversations, dit aux jeunes d’entasser des pierres pour barrer la route à la lave qui coule à une vitesse de 1Km/heure. En fin de compte, les parents doivent trouver eux-mêmes des réponses aux situations posées à leurs ménages par la catastrophe. Dans la panique, la tête des autorités est ailleurs. Ils sont dépassés par le système où ils sont tombés et qui écarte les voies de recours des citoyens. En effet, pour ne citer que cet exemple, si le niveau de conflictualité et de violence a augmenté dans la Province, l’une des explications c’est l’arrêt du fonctionnement des tribunaux civils et des espaces sociaux et professionnels d’arbitrage des conflits alors que le nombre de tribunaux militaires est pratiquement insignifiant pour s’occuper de tous les litiges en cours. Les parties en conflit se rendent justice.
Pendant ce temps, dans son quotidien, le peuple de l’Est de la RDC voit les militaires se comporter sans limites et impunément. A Kasindi, à la frontière avec l’Ouganda, un officier s’est permis d’enregistrer des centaines de jeunes, contre 5$us chacun, en leur promettant du travail dans le projet de construction des routes conclu entre la RDC et l’Ouganda. Plus au sud, à Bunagana, un autre officier s’est saisi lui-même d’un jeune homme qui a tardé à lui fournir les images du deuil de sa fille. Il a fini par le transférer à l’auditorat militaire.
Quand il s’agit de privatiser le monopole de violence reconnu à l’Etat, on voit des actions énergiques, mais devant la pandémie à virus ebola et covid ou l’éruption volcanique, civils et militaires sont sur le même pied d’égalité. Ils se regardent et personne ne conduit l’autre alors que des espaces de concertation étaient opérationnels avant cela. En effet, depuis une vingtaine d’années, le prix du carburant se fixe dans des discussions entre les opérateurs économiques et les services taxateurs. Celui du transport en commun vient d’une négociation entre la Mairie et le syndicat des transporteurs. Les autorités militaires à la tête des collectivités publiques l’ont appris à leur dépens lorsqu’elles ont essayé d’imposer une taxe aux taxis et à la numérotation des parcelles en ville, sans préciser la contrepartie. Une grève sèche, contre laquelle elles n’ont su que faire, les a fait reculer.
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- Compréhension divergente des défis, - et partant des solutions -, entre gouvernants et gouvernés
C’est toute la question du manque de référence pour une écoute active. Tout le monde devrait savoir où s’adresser et être sûr d’être écouté en cas de problème. Ce qui suppose un minimum de consensus sur les mécanismes de résolution des problèmes. Sous état de siège, c’est avec stupeur que les populations vivant à la sortie nord de la ville de Goma ont vu les nouvelles autorités résoudre à leur manière le conflit de pouvoir à la tête de l’entité administrative coutumière appelée ‘’Munigi’’. Selon le média en ligne 7sur7.cd : « Mudeyi Kifende, qui s'est proclamé et investi chef du groupement Munigi, en territoire de Nyiragongo au Nord-Kivu, a été tué ce vendredi 22 octobre 2021 par les Forces Armées de la RDC à hauteur de Bushara, dans le même territoire. Pour les autorités, celui-ci voulait aussi entretenir une milice dans cette région. Ce chef autoproclamé voulait disputer le poste au député provincial Olivier Kakoti, qui a hérité le pouvoir après le décès de son père. »[4] Aucun conflit engageant des communautés ne s’est résolu juste par une balle dans la tête du leader de l’une des parties au conflit.
Plus tard, l’émotion est grande lorsque la presse rapporte la preuve que les autorités de l’état de siège se sont contentées de parquer les sinistrés de l’éruption volcanique de mai 2021 dans un camp gardé par la police et l’armée sans leur apporter la moindre assistance. « C’est un enfant d’environ quatre ans qui a perdu la vie, la nuit du mardi à ce mercredi 19 janvier 2022 dans le camp des sinistrés de Kayembe, en territoire de Nyiragongo. Selon Samuel Byamungu, président des sinistrés vivant dans ce camp, ce premier cas de décès de l’année 2022 est dû à la famine. Pour lui, la situation, que traversent les populations victimes de l’éruption du 22 Mai 2021 et qui sont dans des camps en Territoire de Nyiragongo, est un calvaire. »[5]
De telles autorités ne peuvent donc pas faire face à leurs responsabilités s’il n’y a pas une dynamique de revendications portée à la base. Ce n’est peut-être pas apparent, mais construire sur l’existant une démocratie à partir du bas est parfaitement envisageable. Et d’ailleurs, plusieurs opportunités sont en voie de mise en œuvre. C’est le cas de l’engagement citoyen des Organisations de la Société Civile, la syndicalisation des corporations des métiers et l’accélération de la conscientisation des populations à travers les réseaux sociaux.
Plus tard, l’émotion est grande lorsque la presse rapporte la preuve que les autorités de l’état de siège se sont contentées de parquer les sinistrés de l’éruption volcanique de mai 2021 dans un camp gardé par la police et l’armée sans leur apporter la moindre assistance. « C’est un enfant d’environ quatre ans qui a perdu la vie, la nuit du mardi à ce mercredi 19 janvier 2022 dans le camp des sinistrés de Kayembe, en territoire de Nyiragongo. Selon Samuel Byamungu, président des sinistrés vivant dans ce camp, ce premier cas de décès de l’année 2022 est dû à la famine. Pour lui, la situation, que traversent les populations victimes de l’éruption du 22 Mai 2021 et qui sont dans des camps en Territoire de Nyiragongo, est un calvaire. »[5]
De telles autorités ne peuvent donc pas faire face à leurs responsabilités s’il n’y a pas une dynamique de revendications portée à la base. Ce n’est peut-être pas apparent, mais construire sur l’existant une démocratie à partir du bas est parfaitement envisageable. Et d’ailleurs, plusieurs opportunités sont en voie de mise en œuvre. C’est le cas de l’engagement citoyen des Organisations de la Société Civile, la syndicalisation des corporations des métiers et l’accélération de la conscientisation des populations à travers les réseaux sociaux.
- Une Maison de la Femme à Goma
La sagesse africaine a retenu que « aucune femme ne rit avec les dents d’une autre. »[6]
Avec comme slogan : « Tout pour l’épanouissement de la femme », la ‘’Maison de la Femme’’ a ouvert ses portes à Goma en 2010, comme le dit Valérie Wasso, sa Coordinatrice. Les bénéficiaires y trouvent à la fois des formations et des informations. Des formations courtes sont proposées pour assurer une indépendance socio-économique aux femmes. Mais, plus que tout, sous cette période d’administration militaire qui impose des restrictions en tout genre, avec cette Maison, le Nord-Kivu est en train de se doter d’un outil favorisant l’émergence de femmes qui façonnent le monde. De leurs échanges sortent des idées qui inscrivent leur combat dans le mouvement mondial d’émancipation des femmes à partir de cet espace de libération de la parole. Quelle est la place de la femme dans l’espace public ? « Passée de la révolte au réalisme, Adélaïde déplore que les femmes veulent seulement se libérer des coutumes rétrogrades parce que dévalorisantes, sans penser à ce qu’elles doivent faire des pratiques coutumières positives. Pour elle, il faut abolir les coutumes rétrogrades et du coup valoriser les coutumes positives. Elle continue en soulignant qu’il faut moderniser les institutions ancestrales et, à travers l’éducation tenue par les femmes, informer et former les progénitures »[7. C’est tout un débat !!
Avec comme slogan : « Tout pour l’épanouissement de la femme », la ‘’Maison de la Femme’’ a ouvert ses portes à Goma en 2010, comme le dit Valérie Wasso, sa Coordinatrice. Les bénéficiaires y trouvent à la fois des formations et des informations. Des formations courtes sont proposées pour assurer une indépendance socio-économique aux femmes. Mais, plus que tout, sous cette période d’administration militaire qui impose des restrictions en tout genre, avec cette Maison, le Nord-Kivu est en train de se doter d’un outil favorisant l’émergence de femmes qui façonnent le monde. De leurs échanges sortent des idées qui inscrivent leur combat dans le mouvement mondial d’émancipation des femmes à partir de cet espace de libération de la parole. Quelle est la place de la femme dans l’espace public ? « Passée de la révolte au réalisme, Adélaïde déplore que les femmes veulent seulement se libérer des coutumes rétrogrades parce que dévalorisantes, sans penser à ce qu’elles doivent faire des pratiques coutumières positives. Pour elle, il faut abolir les coutumes rétrogrades et du coup valoriser les coutumes positives. Elle continue en soulignant qu’il faut moderniser les institutions ancestrales et, à travers l’éducation tenue par les femmes, informer et former les progénitures »[7. C’est tout un débat !!
- Quelques figures porteuses de dynamiques de transformation sociale actives à partir de l’Est de la RDC
Sans modèles et sans l’existence de personnes réelles pour les porter, le changement reste théorique. Du fait qu’elles passent leur vie à questionner les responsabilités, plusieurs personnalités du Nord-Kivu mènent un combat inspirant et certaines d’entre elles décrochent même des prix pour une reconnaissance internationale.
Justine Masika
Selon l’encyclopédie libre en ligne Wikipédia, «Justine Masika Bihamba, née vers 1966, est une militante congolaise. Fondatrice de l’ONG ‘’Synergie des Femmes pour les Victimes de Violence Sexuelle’’, elle travaille à améliorer la vie des femmes rurales, à défendre des droits des hommes et des femmes, et à aider les victimes de la guerre, en particulier les femmes victimes d'actes de violence sexuelle. Ce travail est concentré dans la province du Nord-Kivu, et elle a également milité pour la justice, plus largement, au sein de la République Démocratique du Congo (RDC). Elle a fait l'objet, à plusieurs reprises, de menaces d'arrestation ou de mort. » Parcourant la RDC d’Est en Ouest, le Rwanda et le Burundi, elle fait de la dénonciation le levier pour faire évoluer la condition de la femme des Grands Lacs africains.
Julienne Lusenge
Lauréate de ‘’International Women of Courage Awards’’ accordé par le Département d’Etat des Etats Unis, elle est la Présidente de l’ONG SOFEPADI (Solidarité des Femmes pour la Paix et le Développement Intégral), basé à Beni au Nord-Kivu. Ce prix récompense les femmes du monde entier qui ont fait preuve d’un courage et d’un leadership exceptionnels au service de la paix, de la justice, des droits de l’homme, de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes souvent au prix des grands risques et sacrifices personnels. Formuler et porter ses revendications au lieu de se contenter de se plaindre est son cheval de bataille.
Camille Ntoto
Il est le Pasteur initiateur de l’asbl ‘’Un Jour Nouveau’’ basé à Goma au Nord-Kivu. Interrogé sur les antennes de la radio onusienne OKAPI, « il s’exprime sur le travail de sa structure qui est spécialisée dans le leadership, l’éducation et l’entreprenariat des jeunes pour le développement de la RDC. Il estime qu’il est possible de changer l’homme congolais en lui présentant un leadership exemplaire pour lui permettre de penser différemment. Il encourage aussi les entrepreneurs congolais, surtout les jeunes, à travailler sur le projet, à le développer pour qu’enfin, à un moment, la préparation rencontre l’opportunité.»[8] Il défend donc le leadership transformationnel dans son ‘’Académie de Leadership’’ qui a déjà formé des jeunes par centaines.
Joël Tembo Vwira
Si l’entrepreneuriat est de plus en plus perçu comme une solution à la crise économique et sociale au point que la Banque Mondiale est en Programme avec la RDC pour financer des milliers d’initiatives entrepreneuriales à l’intérieur du pays, tout le monde ne nait pas entrepreneur. C’est là que l’intervention de Joël Tembo fait la différence grâce à l’incubateur de Start Up ‘’Kivu Entrepreneurs’’ basé à Goma. Sur la voie d’une ‘’Académie de l’Entrepreneuriat’’, il rêve de convaincre la jeunesse de professionnaliser toute activité lucrative.

Dénonciation, revendication, leadership transformationnel ou professionnalisation des activités lucratives, en définitive, le changement n’est possible que s’il prend appui sur une mobilisation à partir des intérêts réels des populations et construit sur les savoirs développés par ceux qui affrontent les défis attaqués. Pour l’accompagner, une analyse permanente du contexte s’impose pour repérer l’évolution des paramètres porteurs du changement voulu et mesurer le rapport des forces dans la lutte pour le triomphe de la résistance populaire face à l’oppression, à l’exploitation et à l’aliénation.
Enfin, les femmes, déjà porteuses de vie, pourraient utilement jouir de la place que leur confère leur apport à l’équilibre nécessaire pour l’avancement de la société. Pour ce faire, des clés efficaces permettant la reconnaissance dans l’espace public des capacités et compétences des femmes sont encore à inventer pour une évolution positive des mentalités en faveur de leur participation aux instances de prise des décisions à tous les niveaux.
Cela pour soutenir le postulat de base suivant et que nous sommes plusieurs à partager : « Le leadership local doit être la règle et non l’exception. Des consultations participatives devraient être utilisées pour recueillir les connaissances et les priorités concernant les catastrophes complexes du quotidien. En outre, la création et le renforcement des institutions locales peuvent permettre aux populations de partager et de communiquer leurs besoins et leurs priorités. Enfin, les partenariats qualitatifs et l’instauration d’un climat de confiance avec les acteurs extérieurs doivent être abordés comme un effort continu et à long terme afin que le leadership local soit respecté et utilisé comme base d’action, et non l’inverse. »[9]
Goma, 21 Février 2022
Prosper Hamuli Birali
Justine Masika
Selon l’encyclopédie libre en ligne Wikipédia, «Justine Masika Bihamba, née vers 1966, est une militante congolaise. Fondatrice de l’ONG ‘’Synergie des Femmes pour les Victimes de Violence Sexuelle’’, elle travaille à améliorer la vie des femmes rurales, à défendre des droits des hommes et des femmes, et à aider les victimes de la guerre, en particulier les femmes victimes d'actes de violence sexuelle. Ce travail est concentré dans la province du Nord-Kivu, et elle a également milité pour la justice, plus largement, au sein de la République Démocratique du Congo (RDC). Elle a fait l'objet, à plusieurs reprises, de menaces d'arrestation ou de mort. » Parcourant la RDC d’Est en Ouest, le Rwanda et le Burundi, elle fait de la dénonciation le levier pour faire évoluer la condition de la femme des Grands Lacs africains.
Julienne Lusenge
Lauréate de ‘’International Women of Courage Awards’’ accordé par le Département d’Etat des Etats Unis, elle est la Présidente de l’ONG SOFEPADI (Solidarité des Femmes pour la Paix et le Développement Intégral), basé à Beni au Nord-Kivu. Ce prix récompense les femmes du monde entier qui ont fait preuve d’un courage et d’un leadership exceptionnels au service de la paix, de la justice, des droits de l’homme, de l’égalité entre les sexes et de l’autonomisation des femmes souvent au prix des grands risques et sacrifices personnels. Formuler et porter ses revendications au lieu de se contenter de se plaindre est son cheval de bataille.
Camille Ntoto
Il est le Pasteur initiateur de l’asbl ‘’Un Jour Nouveau’’ basé à Goma au Nord-Kivu. Interrogé sur les antennes de la radio onusienne OKAPI, « il s’exprime sur le travail de sa structure qui est spécialisée dans le leadership, l’éducation et l’entreprenariat des jeunes pour le développement de la RDC. Il estime qu’il est possible de changer l’homme congolais en lui présentant un leadership exemplaire pour lui permettre de penser différemment. Il encourage aussi les entrepreneurs congolais, surtout les jeunes, à travailler sur le projet, à le développer pour qu’enfin, à un moment, la préparation rencontre l’opportunité.»[8] Il défend donc le leadership transformationnel dans son ‘’Académie de Leadership’’ qui a déjà formé des jeunes par centaines.
Joël Tembo Vwira
Si l’entrepreneuriat est de plus en plus perçu comme une solution à la crise économique et sociale au point que la Banque Mondiale est en Programme avec la RDC pour financer des milliers d’initiatives entrepreneuriales à l’intérieur du pays, tout le monde ne nait pas entrepreneur. C’est là que l’intervention de Joël Tembo fait la différence grâce à l’incubateur de Start Up ‘’Kivu Entrepreneurs’’ basé à Goma. Sur la voie d’une ‘’Académie de l’Entrepreneuriat’’, il rêve de convaincre la jeunesse de professionnaliser toute activité lucrative.

Dénonciation, revendication, leadership transformationnel ou professionnalisation des activités lucratives, en définitive, le changement n’est possible que s’il prend appui sur une mobilisation à partir des intérêts réels des populations et construit sur les savoirs développés par ceux qui affrontent les défis attaqués. Pour l’accompagner, une analyse permanente du contexte s’impose pour repérer l’évolution des paramètres porteurs du changement voulu et mesurer le rapport des forces dans la lutte pour le triomphe de la résistance populaire face à l’oppression, à l’exploitation et à l’aliénation.
Enfin, les femmes, déjà porteuses de vie, pourraient utilement jouir de la place que leur confère leur apport à l’équilibre nécessaire pour l’avancement de la société. Pour ce faire, des clés efficaces permettant la reconnaissance dans l’espace public des capacités et compétences des femmes sont encore à inventer pour une évolution positive des mentalités en faveur de leur participation aux instances de prise des décisions à tous les niveaux.
Cela pour soutenir le postulat de base suivant et que nous sommes plusieurs à partager : « Le leadership local doit être la règle et non l’exception. Des consultations participatives devraient être utilisées pour recueillir les connaissances et les priorités concernant les catastrophes complexes du quotidien. En outre, la création et le renforcement des institutions locales peuvent permettre aux populations de partager et de communiquer leurs besoins et leurs priorités. Enfin, les partenariats qualitatifs et l’instauration d’un climat de confiance avec les acteurs extérieurs doivent être abordés comme un effort continu et à long terme afin que le leadership local soit respecté et utilisé comme base d’action, et non l’inverse. »[9]
Goma, 21 Février 2022
Prosper Hamuli Birali
[2] Forces Démocratiques Alliées (ADF) présentées par l’Etat Islamique (EI) comme sa branche armée en Afrique Centrale et accusées par l’Ouganda d’attentats sur son territoire.
[3] Etat de siège en RDC : quel bilan en Ituri et au Nord-Kivu avec une 12e prorogation ? - BBC News Afrique
[5] Nord-Kivu/Société: Un enfant meurt de faim dans un camp des sinistrés du Nyiragongo - Le Renouveau (le-renouveau.net)
[6] Proverbe havu.
[7] Sous la dir. de Kä Mana et Solange Gasanganirwa : Les vrais enjeux de la renaissance africaine pour les générations montantes, Goma, Pole Institute, 2017. p.292