Nous supposons que les croyances coutumières et religieuses, la pauvreté familiale, la discrimination de la femme, la mauvaise camaraderie, le phénomène psi et les conflits armés seraient à la base des violences sexistes.
Avant d’entrer dans le vif de ce travail, il importe de signaler de prime abord que nous nous situons dans le domaine de la psychologie clinique en général et plus particulièrement dans le domaine des violences sexistes. Signalons ensuite que nous nous spécifieront aux facteurs favorisant ces violences.
Sur le plan spatial les unités d’enquête sont les survivants des violences sexistes identifiés dans les maisons d’écoute de l’ADDF se trouvant en ville de Butembo et en territoires de Lubero-Beni et à la Clinique d’Assistance Psychosociale de l’ADDF.
Sur le plan temporaire, nos études ont été effectuées au cours de la période de Janvier à Décembre 2021.
Sur le plan spatial les unités d’enquête sont les survivants des violences sexistes identifiés dans les maisons d’écoute de l’ADDF se trouvant en ville de Butembo et en territoires de Lubero-Beni et à la Clinique d’Assistance Psychosociale de l’ADDF.
Sur le plan temporaire, nos études ont été effectuées au cours de la période de Janvier à Décembre 2021.
Pour parvenir à nos vérités scientifiques, nous nous sommes intéressés à trouver individuellement les unités de notre échantillon, unités nous référées au sein de la Clinique d’Assistance Psychosociale de l’ADDF. Techniquement l’analyse de cas et le calcul des pourcentages nous aiderons dans le traitement de nos données.
Notre population mère est constituée des survivants identifiés dans les maisons d’écoute de l’ADDF au cours de l’année 2021.
Tableau N°1 : cas identifiés dans les maisons d’écoute de l’ADDF et à sa Clinique d’Assistance psychosocial
Tableau N°1 : cas identifiés dans les maisons d’écoute de l’ADDF et à sa Clinique d’Assistance psychosocial
Types des GBV selon l’approche AMS | Fe | H | Fi | G | Total |
viol | 144 | 5 | 206 | 0 | 355 |
Agression sexuelle | 13 | 0 | 4 | 0 | 17 |
Agression physique | 30 | 6 | 5 | 2 | 43 |
Mariage forcé | 4 | 0 | 1 | 0 | 5 |
Déni des ressources, opportunités et service | 10 | 1 | 0 | 1 | 12 |
Agression psychologique | 108 | 22 | 23 | 14 | 167 |
Total | 309 | 34 | 239 | 17 | 599 |
Ce tableau nous montre qu’au courant de l’année 2021, l’ADDF a identifié 599 cas.
Nous avons décidé d’utiliser l’échantillon par jugement, échantillon par lequel, il y a un souci de représentativité en ce sens que le chercheur inclut les individus les plus susceptibles d’apporter une information pertinente. Ainsi, notre échantillon est constitué de 119 survivants aux violences sexistes. Ces survivants ont été référés chez le psychologue de Janvier à Décembre 2021 par les APS, car considérés comme cas pertinents.
Est retenu comme seuil d’acceptabilité dans ce travail, le fait d’être survivant (e) des violences sexistes.
Tableau N°2 : cas pertinents référés chez le psychologue de Janvier à Décembre 2021
Est retenu comme seuil d’acceptabilité dans ce travail, le fait d’être survivant (e) des violences sexistes.
Tableau N°2 : cas pertinents référés chez le psychologue de Janvier à Décembre 2021
Types des GBV selon l’approche AMS | Fe | H | Fi | G | Total |
viol | 21 | 0 | 67 | 0 | 88 |
Agression sexuelle | 1 | 0 | 2 | 0 | 3 |
Agression physique | 6 | 3 | 4 | 2 | 15 |
Mariage forcé | 0 | 0 | 0 | 0 | 0 |
Déni des ressources, opportunités et service | 1 | 1 | 0 | 1 | 3 |
Agression psychologique | 6 | 3 | 5 | 3 | 17 |
Total | 35 | 5 | 74 | 5 | 119 |
Ce tableau nous élucide que notre échantillon est constitué de 119 survivants aux SGBV.
Tableau N°2 : facteurs favorisant les violences sexistes
Facteurs | femme | homme | fille | garçon | total | % |
Conflits armés et l’insécurité | 7 | 3 | 31 | 4 | 45 | 37.8% |
Discrimination | 5 | 0 | 9 | 0 | 14 | 11.8% |
Croyances religieuses | 3 | 1 | 2 | 0 | 6 | 5% |
Croyances coutumières | 3 | 0 | 3 | 0 | 6 | 5% |
Phénomène psi | 2 | 1 | 5 | 0 | 8 | 6.7% |
Pauvreté des parents | 4 | 0 | 7 | 1 | 12 | 10 .1% |
Modernisme | 3 | 0 | 1 | 0 | 4 | 3.4% |
Influences de la camaraderie | 8 | 0 | 11 | 0 | 19 | 16% |
Ignorance | 0 | 0 | 3 | 0 | 3 | 2.5% |
Impunité des auteurs | 0 | 0 | 2 | 0 | 2 | 1.7% |
Total | 35 | 5 | 74 | 4 | 119 | 100% |
NB : dans 119 cas nous avons 19 cas qui ont développé les troubles mentaux et ont été référés aux centres psychiatriques à raison de 7 cas avec le trouble dépressif, 5 cas avec la psychose hallucinatoire, 2 cas avec le trouble puerpéral, 3 cas avec la psychose paranoïaque et 2 cas ont affiché la névrose phobique.
- Les conflits armés : il y’a plus d’une décennie que l’Est de la RD Congo traverse une situation de guerre perpétrée par les miliciens ADF et d’autres groupes armés. Ces miliciens opèrent des diverses façons entre autres : pillage, incendies des véhicules, des maisons et des biens de grande valeur, des tueries, le kidnapping, utilisation des enfants dans les groupes armés, viols et tant d’autres violations des droits de l’homme. Les survivantes de ces violations qui, ont eu la chance de s’évader nous ont relatés : « les miliciens ADF lors qu’ils arrivent dans le village, ils pillent les biens, incendient les maisons de la population, ils tuent souvent les personnes adultes et ils partent avec les enfants en brousse. Là en brousse ils demandent ceux qui veulent se convertir à la croyance musulmane et ceux qui veulent rester à la foi chrétienne. Ceux qui veulent rester au christianisme sont tués et ceux qui acceptent se convertir à la foi islamique sont scindés à 2 parties. D’une part les garçons sont intégrés dans le groupe des ADF comme soldats et d’une autre part les filles sont partagées aux ADF comme leurs femmes pour les fins sexuelles ». Aussi pendant la guerre les femmes sont violées par les militaires, miliciens et les civiles. Enfin signalons que pendant les incursions nocturnes les personnes sont violées ; le cas illustratif est celui d’un jeune garçon âgé de 17 ans qui a été obligé par les miliciens de coucher avec sa mère à présence de son père et de ses confrères.
- La discrimination envers la femme : les violences sexistes sont commises à l’égard de la femme dans la mesure où l’homme veut prouver sa virilité. Dans la vie pratique la femme est souvent négligée par les hommes et par les autres femmes de sorte que leurs fautes subissent des sanctions aggravantes et inversement pour les hommes. C’est ainsi, en cas d’adultère dans un couple, si c’est la femme, elle est exclue de son foyer et si c’est le mari, on négocie la femme à supporter la violence. Voire que certaines chansons profanes ont un caractère dégradant et humilié vis-à-vis de la femme. Enfin la femme semble être chosifiée par la société, une femme qui met au monde des enfants filles est qualifiée d’une mauvaise femme qui, ne sait pas mettre au monde tout en ignorant que c’est l’homme qui détermine le sexe de son enfant. Un exemple illustratif est celui d’une fille de 15 ans à qui, son père avait la dette de 10 chèvres comme redevance. Après avoir manqué les chèvres à payer pour cette dette, le père de la fille a jugé mieux de donner sa fille au propriétaire de la dette comme femme à contre-valeur de 10 chèvres.
- Croyances religieuses : certaines confessions religieuses exhortent les femmes de se taire face aux violences conjugales. Dans des religions les postes stratégiques sont réservés aux hommes quand bien même les femmes auraient le même niveau d’étude que les hommes. Une femme ne peut pas être pasteur paroissiale quand bien même elle aurait fait aussi la théologie. Certaines religions ont des rites selon lesquelles la femme ne peut pas se mettre dans la même salle de prière avec les hommes, voire que les mosquées sont scindées à deux parties, une pour les hommes et une autre pour les femmes et les femmes n’ont pas droits à poser la question dans des mosquées. Signalons aussi que la polygamie des hommes est supportable pour les musulmans et inversement pour les femmes. Signalons également que l’apparition des règles chez la fille est signe de se donner au mariage, même si elle n’a pas encore 18 ans, …
- Les croyances coutumières : dans notre coutume nous avons certaines pratiques négatives vis-à-vis de la femme entre autres : le chef coutumier qui couche avec une fille vierge lors de son intronisation, cette fille est contrainte à ne plus se marier ; une femme ne peut pas hériter le trône, la femme ne bénéficie pas de la redevance, l’inceste est supportable dans des familles royales, …
- Le phénomène psi : certaines personnes appliquent le fétichisme pour trouver solution à leurs problèmes. Le cas illustratif est celui d’un papa qui a été dit par un féticheur de coucher avec sa fille pour trouver de la richesse ; coucher avec une mineure pour s’enrichir ou être guéri du VIH/SIDA ; donner la mort à sa femme ou à son mari pour s’enrichir. Signalons aussi que certains auteurs utilisent des substances chimiques pour hypnotiser les survivants en vue de les abuser sexuellement.
- La pauvreté des parents : lors que les parents ne parviennent pas à subvenir aux besoins primaires de leurs enfants (lait de beauté, habits, caleçons, …), ceci pousse certaines filles de se prostituer. Il ‘arrive aussi que les parents campent en brousse pour faire le champ pendant une longue période et ils laissent leurs enfants sous la responsabilité d’un autre enfant, ce dernier trouve la prostitution comme un mal nécessaire pour se procurer le pain quotidien.
- Modernisme : chez les jeunes, il ya une mauvaise compréhension entre la tradition et la modernité. D’une part la tradition est considérée comme archaïque et la modernité comme le bien à imiter tout en ignorant qu’il y’a de la modernité dans la tradition et tout comme il y’a de la tradition dans la modernité. Autrement dit nous changeons en nous conservant tout comme nous nous conservons en nous changeant.
- Influences de la camaraderie : il est à noter que certaines filles et garçons se donnent à la prostitution suite au mauvais choix d’amis, ainsi confirmons que celui qui fréquente les sages devient aussi sage, mais celui qui se plaît avec les insensés s’en trouve marre. Un cas illustratif est celui d’une fillette âgée de 14 ans qui a été influencée par ses amies pour intégrer les Q.G (quartier général).
- Ignorance : beaucoup de personnes n’ont pas la connaisse sur les violences sexistes et les prennent comme normale. Suite à cette ignorance les familles des survivants font des arrangements à l’amiable avec les familles des auteurs.
- L’impunité : cette impunité des auteurs les encourage à répéter leurs forfaits. Dans plupart de cas les auteurs ne se sont pas dénoncés suite à la crainte des répressions de la famille de l’auteur, mais aussi quand les auteurs sont issus des familles des survivantes.
Madame KALWA (noms abrégés), âgée de 37 ans ; déplacée de guerre en provenance de Bulongo, en Territoire de Beni et elle réside actuellement à Butembo, en commune Kimemi.
Au mois de Mai 2021, les sensibilisatrices de l’ADDF sont arrivées dans notre cellule Londo; je suis partie participée et c’est pendant cette sensibilisation que j’ai appris que l’ADDF assure la prise charge psychosociale des victimes des violences sexistes. Après cette activité, je me suis entretenue avec les sensibilisatrices et ces dernières m’ont recommandé d’arriver à leur bureau.

Photo de sensibilisation
En date du 05/11/2021, je suis arrivée à l’ADDF, j’ai rencontré a une femme qui m’a écouté et m’a orienté chez le psychologue à qui j’ai relaté ce qui m’est arrivé et qui me fait souffrir : «je suis veuve, mon mari a été décapité par les ADF à ERINGETI en 2016 avec qui j’ai eu 4 enfants dont 1 fille et 3 garçons. En 2018, je me suis remariée avec un homme veuf et il est venu avec 3 enfants (2 garçons et 1 fille). Mais malheureusement le deuxième mari serait parti à KOMANDA me laissant la responsabilité des tous les enfants. En date du 25/12/2020 les ADF sont venus massacrés la population dans notre village de Bulongo, nous avons pris fuite de Bulongo à Butembo. Pendant ces massacres on a décapité mon oncle et mes deux cousins. Quand une petite accalmie est revenue chez nous à Bulongo, j’y ai rentré. Un certain jeudi du mois de Novembre 2021, j’ai jugé mieux d’aller au champ pour chercher les feuilles des maniocs (sombé) à mes enfants car je me débrouille seule. En allant au champ, j’ai rencontré deux militaires en chemin qui m’ont salué et l’un d’eux m’a menacée en vue de faire les relations sexuelles avec lui, j’ai refusé et je lui ai dit vaut mieux me tuer. Brusquement il m’a fait un judo, m’a ôté le caleçon et m’a violée quand j’étais sous l’inconscience. Ce sont les passants qui après la fuite de ces militaires, qui m’ont amenée au centre de santé de Bulongo et je me suis retrouvé dans mon état de conscience et j’ai constaté que j’étais entrain de saigner. Quand j’ai fait un jour aux soins, les ADF sont venus massacrés dans notre village, j’ai pris fuite et le soir je suis allée chez moi pour y’rejoindre mes enfants. Là à la maison j’étais entrain de me soigner par les feuilles. 1 semaine après encore une autre attaque de ces rebelles ADF est survenue, nous avons pris fuite de Bulongo à Beni ville à pieds et là à Beni nous avons trouvé un homme de bonne volonté qui nous a amené de Beni à Butembo au bord de son véhicule ».Cliniquement la survivante présentait des symptômes qui suivent : douleurs intenses au niveau de son ventre, insomnies, incohérence mentale, désorientation spatio-temporelle, la phobie des hommes à ténue militaire, les idées suicidaires, neurasthénie, pleurs pathologiques, pas d’issue au sujet de l’avenir, perte de confiance à la croyance religieuse, cauchemars, palpitation cardiaque, reviviscences des souvenirs pénibles, oublis, douleurs somatiques généralisées, céphalées. Techniquement nous avons utilisé 3 séances d’entretien non directifs, 3 séances de désensibilisation cognitive, 3 séances d’exposition in vivo 3 séances massothérapie, 2 séances de réflexologie, 3 séances de thérapie de soutien, 2 séances d’analyse fonctionnelle et elle aussi bénéficié de l’assistance vestimentaire.

Passation de test d’intelligence

Séance de massothérapie pour soulager les douleurs
Pour répondre à ses problèmes médicaux, l’ADDF l’a référé à une structure de prise en charge médicale collaboratrice dénommée FEPSI (Femmes Encagées pour la Promotion de la Santé Intégrale) où elle a reçu des soins médicaux gratuits et là on a constaté qu’elle a une grossesse issue du viol.
Vue son état de vulnérabilité et son statut de déplacé, l’ADDF appuyé par LLIGA a réinséré la survivante en une de 100 dollars et a présenté son cas dans le forum des humanitaires et grâce à cela, la SAFDF (Solidarité des Associations Féminines pour la Défense des Droits de la Femme et de l’Enfant) appuyée par l’UNICEF, l’a réinséré économiquement moyennant une somme équivalent à 150$. Ainsi, ces réinsertions l’ont permis d’ouvrir un restaurant et grâce a cette activité elle a commencé à répondre aux besoins alimentaires de sa famille.

Suivi de la survivante en pleine activité au restaurant
Grâce aux actions d’accompagnement de l’ADDF, appuyée par LLIGA la survivante témoigne ce qui suit : « aujourd’hui je mange avec appétit, je sommeil bien, j’ai retrouvé ma santé physique et mon bien être, j’ai maintenant l’envie de vivre, je n’ai plus des cauchemars, les douleurs ont diminué, je n’ai plus tendance à avorter ni à me suicider et je me sens à l’aise car la FEPSI m’a confirmée me suivre jusqu’à l’accouchement ».
Je remercie vivement l’ADDF et son partenaire LLIGA pour l’accompagnement dans la souffrance que je traversais.
CONCLUSION
Approchant le terme de cet ‘article portant sur les facteurs favorisant les violences sexuelles et celles basées sur le genre, nous devons rappeler il porte sur 8 points essentiels entre autres : problématique, hypothèse, délimitation du sujet, méthode et techniques, population d’étude, échantillon retenu, présentation et analyse des résultats et l’analyse d’un cas de succès.
Après analyse et interprétation des résultats où nous avons fait la réflexion sur les facteurs favorisant les violences sexistes, nous confirmons avec véhémence notre hypothèse. Pour dire que les conflits armés, l’insécurité, la discrimination de la femme, les croyances religieuses, les croyances coutumières, le phénomène psi, la pauvreté des parents, le modernisme, l’influence de la camaraderie, l’ignorance et l’impunité des bourreaux favorisent les violences sexistes.
SUGGESTIONS
Gardons en mémoire que s’attaquer aux effets des violences sexistes sans pouvoir autant disparaître la cause c’est perdre son temps et au contraire c’est aggraver la cause ou causer un autre trouble plus grave que le premier. C’est pourquoi il est si important d’agir contre les facteurs des violences sexistes avant d’en arriver aux situations extrêmes.
Ainsi, comme remède, nous interpelons le gouvernement de réglementer l’exposition des films pornographique et de s’investir dans le rétablissement de la paix à l’Est de la RD Congo en traquant les auteurs et en les traduisant en justice.
Aux enseignants ; d’élucider suffisamment la matière de physiologie sexuelle pour doter les élèves d’un bagage consistant leur permettant de faire face aux flatteurs. Ceci interpelle les chefs d’établissements de sélectionner un enseignant digne à transmettre la matière de la physiologie sexuelle et non les farceurs cherchant seulement à amuser les élèves et leurs exciter à la pratique de la sexualité.
Aux parents ; de communiquer régulièrement avec les enfants en matière de l’éducation sexuelle, pour réduire l’influence néfaste de l’éducation diffuse sur les mineurs et non s’irriter, s’agiter après le catastrophe. En cas d’une violence sexiste de s’adresser au (à la) survivant (e) avec sagesse, l’orienter vers les structures de prise en charge le plutôt possible, surtout avant 72 heures pour prévenir le VIH/SIDA, la grossesse issue du viol ainsi, que d’autre IST et de dénoncer les auteurs et non faire des arrangements à l’amiable.
Aux bourreaux d’apprendre la maîtrise de la parole et du corps pour affronter les responsabilités maritales à temps opportun et surtout ils éviteront l’usage de la parole « je t’aine et je te doterais » tout en gardant en conscience qu’ils trompent et en sachant qu’ils utilisent cette parole comme proie libidinale.
Aux filles de maîtriser leur décision par rapport à leur sexualité, d’éviter le désir de tout avoir plus que la capacité de leurs parents et de mettre en première place leur dignité.
Aux humanitaires de renforcer les activités de protection en matière de prise holistique des survivants des violences sexistes.
En somme, nous concluons sans conclure ; c’est-à-dire nous ne prétendons pas épuiser notre thème de recherche. Le débat est ouvert pour d’autres chercheurs qui pourront aborder d’autres aspects que nous n’avons pas pu toucher. Ainsi, une gêne nous arrive en esprit de savoir : quelles sont les conséquences des violences sexistes ? Quels sont les diagnostiques qu’affichent les survivants aux violences sexistes ? Quels sont les moyens utilisés pour les auteurs de ces violences ? Qui sont les auteurs ? Comment aider les survivants aux violences sexistes ?
Ainsi, chacun est appelé à amener son apport pour la résolution de ces problèmes.
Au mois de Mai 2021, les sensibilisatrices de l’ADDF sont arrivées dans notre cellule Londo; je suis partie participée et c’est pendant cette sensibilisation que j’ai appris que l’ADDF assure la prise charge psychosociale des victimes des violences sexistes. Après cette activité, je me suis entretenue avec les sensibilisatrices et ces dernières m’ont recommandé d’arriver à leur bureau.

Photo de sensibilisation
En date du 05/11/2021, je suis arrivée à l’ADDF, j’ai rencontré a une femme qui m’a écouté et m’a orienté chez le psychologue à qui j’ai relaté ce qui m’est arrivé et qui me fait souffrir : «je suis veuve, mon mari a été décapité par les ADF à ERINGETI en 2016 avec qui j’ai eu 4 enfants dont 1 fille et 3 garçons. En 2018, je me suis remariée avec un homme veuf et il est venu avec 3 enfants (2 garçons et 1 fille). Mais malheureusement le deuxième mari serait parti à KOMANDA me laissant la responsabilité des tous les enfants. En date du 25/12/2020 les ADF sont venus massacrés la population dans notre village de Bulongo, nous avons pris fuite de Bulongo à Butembo. Pendant ces massacres on a décapité mon oncle et mes deux cousins. Quand une petite accalmie est revenue chez nous à Bulongo, j’y ai rentré. Un certain jeudi du mois de Novembre 2021, j’ai jugé mieux d’aller au champ pour chercher les feuilles des maniocs (sombé) à mes enfants car je me débrouille seule. En allant au champ, j’ai rencontré deux militaires en chemin qui m’ont salué et l’un d’eux m’a menacée en vue de faire les relations sexuelles avec lui, j’ai refusé et je lui ai dit vaut mieux me tuer. Brusquement il m’a fait un judo, m’a ôté le caleçon et m’a violée quand j’étais sous l’inconscience. Ce sont les passants qui après la fuite de ces militaires, qui m’ont amenée au centre de santé de Bulongo et je me suis retrouvé dans mon état de conscience et j’ai constaté que j’étais entrain de saigner. Quand j’ai fait un jour aux soins, les ADF sont venus massacrés dans notre village, j’ai pris fuite et le soir je suis allée chez moi pour y’rejoindre mes enfants. Là à la maison j’étais entrain de me soigner par les feuilles. 1 semaine après encore une autre attaque de ces rebelles ADF est survenue, nous avons pris fuite de Bulongo à Beni ville à pieds et là à Beni nous avons trouvé un homme de bonne volonté qui nous a amené de Beni à Butembo au bord de son véhicule ».Cliniquement la survivante présentait des symptômes qui suivent : douleurs intenses au niveau de son ventre, insomnies, incohérence mentale, désorientation spatio-temporelle, la phobie des hommes à ténue militaire, les idées suicidaires, neurasthénie, pleurs pathologiques, pas d’issue au sujet de l’avenir, perte de confiance à la croyance religieuse, cauchemars, palpitation cardiaque, reviviscences des souvenirs pénibles, oublis, douleurs somatiques généralisées, céphalées. Techniquement nous avons utilisé 3 séances d’entretien non directifs, 3 séances de désensibilisation cognitive, 3 séances d’exposition in vivo 3 séances massothérapie, 2 séances de réflexologie, 3 séances de thérapie de soutien, 2 séances d’analyse fonctionnelle et elle aussi bénéficié de l’assistance vestimentaire.

Passation de test d’intelligence

Séance de massothérapie pour soulager les douleurs
Pour répondre à ses problèmes médicaux, l’ADDF l’a référé à une structure de prise en charge médicale collaboratrice dénommée FEPSI (Femmes Encagées pour la Promotion de la Santé Intégrale) où elle a reçu des soins médicaux gratuits et là on a constaté qu’elle a une grossesse issue du viol.
Vue son état de vulnérabilité et son statut de déplacé, l’ADDF appuyé par LLIGA a réinséré la survivante en une de 100 dollars et a présenté son cas dans le forum des humanitaires et grâce à cela, la SAFDF (Solidarité des Associations Féminines pour la Défense des Droits de la Femme et de l’Enfant) appuyée par l’UNICEF, l’a réinséré économiquement moyennant une somme équivalent à 150$. Ainsi, ces réinsertions l’ont permis d’ouvrir un restaurant et grâce a cette activité elle a commencé à répondre aux besoins alimentaires de sa famille.

Suivi de la survivante en pleine activité au restaurant
Grâce aux actions d’accompagnement de l’ADDF, appuyée par LLIGA la survivante témoigne ce qui suit : « aujourd’hui je mange avec appétit, je sommeil bien, j’ai retrouvé ma santé physique et mon bien être, j’ai maintenant l’envie de vivre, je n’ai plus des cauchemars, les douleurs ont diminué, je n’ai plus tendance à avorter ni à me suicider et je me sens à l’aise car la FEPSI m’a confirmée me suivre jusqu’à l’accouchement ».
Je remercie vivement l’ADDF et son partenaire LLIGA pour l’accompagnement dans la souffrance que je traversais.
CONCLUSION
Approchant le terme de cet ‘article portant sur les facteurs favorisant les violences sexuelles et celles basées sur le genre, nous devons rappeler il porte sur 8 points essentiels entre autres : problématique, hypothèse, délimitation du sujet, méthode et techniques, population d’étude, échantillon retenu, présentation et analyse des résultats et l’analyse d’un cas de succès.
Après analyse et interprétation des résultats où nous avons fait la réflexion sur les facteurs favorisant les violences sexistes, nous confirmons avec véhémence notre hypothèse. Pour dire que les conflits armés, l’insécurité, la discrimination de la femme, les croyances religieuses, les croyances coutumières, le phénomène psi, la pauvreté des parents, le modernisme, l’influence de la camaraderie, l’ignorance et l’impunité des bourreaux favorisent les violences sexistes.
SUGGESTIONS
Gardons en mémoire que s’attaquer aux effets des violences sexistes sans pouvoir autant disparaître la cause c’est perdre son temps et au contraire c’est aggraver la cause ou causer un autre trouble plus grave que le premier. C’est pourquoi il est si important d’agir contre les facteurs des violences sexistes avant d’en arriver aux situations extrêmes.
Ainsi, comme remède, nous interpelons le gouvernement de réglementer l’exposition des films pornographique et de s’investir dans le rétablissement de la paix à l’Est de la RD Congo en traquant les auteurs et en les traduisant en justice.
Aux enseignants ; d’élucider suffisamment la matière de physiologie sexuelle pour doter les élèves d’un bagage consistant leur permettant de faire face aux flatteurs. Ceci interpelle les chefs d’établissements de sélectionner un enseignant digne à transmettre la matière de la physiologie sexuelle et non les farceurs cherchant seulement à amuser les élèves et leurs exciter à la pratique de la sexualité.
Aux parents ; de communiquer régulièrement avec les enfants en matière de l’éducation sexuelle, pour réduire l’influence néfaste de l’éducation diffuse sur les mineurs et non s’irriter, s’agiter après le catastrophe. En cas d’une violence sexiste de s’adresser au (à la) survivant (e) avec sagesse, l’orienter vers les structures de prise en charge le plutôt possible, surtout avant 72 heures pour prévenir le VIH/SIDA, la grossesse issue du viol ainsi, que d’autre IST et de dénoncer les auteurs et non faire des arrangements à l’amiable.
Aux bourreaux d’apprendre la maîtrise de la parole et du corps pour affronter les responsabilités maritales à temps opportun et surtout ils éviteront l’usage de la parole « je t’aine et je te doterais » tout en gardant en conscience qu’ils trompent et en sachant qu’ils utilisent cette parole comme proie libidinale.
Aux filles de maîtriser leur décision par rapport à leur sexualité, d’éviter le désir de tout avoir plus que la capacité de leurs parents et de mettre en première place leur dignité.
Aux humanitaires de renforcer les activités de protection en matière de prise holistique des survivants des violences sexistes.
En somme, nous concluons sans conclure ; c’est-à-dire nous ne prétendons pas épuiser notre thème de recherche. Le débat est ouvert pour d’autres chercheurs qui pourront aborder d’autres aspects que nous n’avons pas pu toucher. Ainsi, une gêne nous arrive en esprit de savoir : quelles sont les conséquences des violences sexistes ? Quels sont les diagnostiques qu’affichent les survivants aux violences sexistes ? Quels sont les moyens utilisés pour les auteurs de ces violences ? Qui sont les auteurs ? Comment aider les survivants aux violences sexistes ?
Ainsi, chacun est appelé à amener son apport pour la résolution de ces problèmes.